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Les cercles de parole et moi


Dans un post précédent, je vous ai rapidement parlé des groupes de parole.

Depuis 2018, je participe au moins une fois par mois à des groupes de paroles, sur des sujets divers.


Pourquoi c'est intéressant :

Tout d'abord, petite remise en contexte : les premiers groupes de parole auxquels j'ai participé sont ceux organisés par l'association En Parler. Ce sont des groupes de paroles pour les victimes de violences sexuelles. Ce sont des moments entre pairs, il n'y a pas de professionnel de santé, ni de santé mentale et c'est un choix de l'association (il y a beaucoup d'autres associations qui ont des encadrements par des professionnels de santé).


Dès mon premier groupe, j'ai trouvé ce format vraiment bien : on se retrouvait entre personnes concernées, sans extérieur, il était possible de parler librement, sans avoir à expliquer le pourquoi du comment, nous étions plusieurs à se comprendre.

En clair quand on va dans un groupe de parole, quel que soit le sujet, c'est qu'on est déjà intéressé.e/sensibilisé.e par le sujet. Cela crée un environnement sécurisant et serein. S'il y a un débat, les personnes présentent ont la possibilité et la sensibilité de présenter leurs arguments sans heurter les autres.

Dans chaque groupe de parole, il y a une ou plusieurs personnes qui sont les garant.e.s du temps, de la répartition de la parole, du respect des règle de communication. C'est d'autant plus sécurisant si le sujet est sensible pour les participant.e.s.


Aujourd'hui, je participe à 2 groupes récurrents :

- Les groupes de En parler à Lyon. Je suis bénévole depuis quelques années maintenant et je participe et anime (presque) tous les mois au groupe mensuel.

C'est un exercice très riche, chaque mois, nous accueillons de nouvelles personnes, certaines viennent plusieurs fois, d'autres une seule. Chacun.e choisit son rythme en fonction de ses possibilités.

Ces cercles ont un sujet sensible et douloureux : les violences sexuelles. Depuis que je suis bénévole et que j'ai choisi d'animer ces groupes (je ne suis d'ailleurs jamais seule, il y a d'autres bénévoles exceptionnelles!), j'ai appris à m'écouter vraiment avant et pendant chaque groupe. Il est important que je sois sûre d'être disponible pour les participant.e.s, d'être dans un bon état d'esprit, que je sois capable d'exprimer mes émotions et sensations. Participer à un groupe de parole n'est pas anodin : on accepte les règles d'un groupe, il y a d'autres personnes avec un vécu et des expériences différentes, on peut nous demander de nous raconter et/ou d'exprimer nos ressentis. Pour tout ça, il est important d'être ok avec ses émotions (on peut être en forme ou pas trop, le tout c'est d'en avoir une petite idée en arrivant).

Toutes les personnes que je rencontre pendant ces groupes sont des personnes très fortes. Elles se livrent parfois avec des mots, parfois avec leurs silences. Elles sont là et c'est beaucoup. Le partage est au centre de ces moments.


Je ne vais pas dans les groupe de En Parler avec ma casquette de thérapeute naturopathe. Pourtant, ces groupes ont influencé ma manière d'accueillir la parole des gens qui viennent voir la naturopathe, j'ai aussi changé sur ma manière d'analyser les situations, ma manière même de m'exprimer (la non-injonction ça s'apprend très vite!)


- L'autre groupe régulier est un groupe que j'anime! Depuis janvier 2022, j'organise des groupes de parole féministes à la Librairie à Soi.e à Lyon.

Un jour, j'ai vu que la librairie recherchait des personnes pour animer des groupes de parole féministes, je ne sais pas trop pourquoi, j'ai envoyé un message. A ce moment, je me disais qu'il devait y avoir plein d'autres personnes bien plus qualifiées et avec plus d'expérience et de savoir que moi pour faire ces groupes (ah ce syndrome de l'imposteuse!). Finalement, j'ai rencontré Rosa, la libraire, qui m'a proposé d'essayer. Et depuis, c'est tous les mois!

Ces groupes ont pour objectif de discuter d'un sujet féministe par mois, d'échanger et de repartir avec des infos, des questions et en ayant passé un bon moment.

Les sujets abordés vont du féminisme au quotidien à la pureté militante ou aux grandes figures féministes.

J'aime ces groupes : c'est un challenge personnel à chaque fois (toujours cette envie de bien faire), j'aime préparer chaque groupe avec des lectures, réfléchir ) à l'animation et à la fiche que je donne aux participant.e.s et j'aime échanger et découvrir de nouvelles visions sur les sujets.

C'est aussi une manière pour moi de m'engager dans les luttes féministes de manière "plus légère". Les gens sont souvent un peu impressionnés quand j'annonce mon engagement pour les victimes de violences sexuelles, il est souvent plus facile pour les personnes qui ne sont pas dans ces milieux militants d'entamer la discussion sur les groupes féministes.


De manière plus ponctuelle, je participe à d'autres groupes de parole. Je trouve que c'est intéressant pour aborder des sujets que je connais moins, pour parler d'autres aspect de ma vie et c'est aussi une bonne manière de rencontrer des gens intéressants et de garder en tête les bonnes pratiques en groupe de parole.


J'aime participer et animer des groupes de parole, ça me challenge sur la communication positive, sur laisser des silences, relancer quand c'est nécessaire. Ce n'est pas toujours facile et c'est un apprentissage constant.

Je rencontre des personnes assez incroyables, que je n'aurais pas rencontré autrement et je j'ai la chance de connaître aujourd'hui. Ce que j'aime c'est être surprise par les gens, découvrir leur opinions, les écouter partager un bout de leur vie. C'est toujours enrichissant.


Vous l'aurez compris, les groupes de paroles, pour moi, c'est chouette. C'est un peu mon challenge personnel et ma parenthèse "bisounours".


Et vous, vous avez déjà testé les groupes de paroles? Vous en avez pensé quoi?

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